Cyberlog.eu
Pour une Bretagne libre...

Accueil > Accueil Cyberlog > Dossier de presse > Articles parus > IPv6 : le FBI et la DEA sont inquiets

IPv6 : le FBI et la DEA sont inquiets

jeudi 21 juin 2012, par bc

La raréfaction des adresses IPv4 rend inéluctable le passage à IPv6. Mais ce mouvement inquiète le FBI - Federal Bureau of Investigation - et la DEA - Drug Enforcement Agency : la police fédérale et l’agence de lutte anti-drogues des États-Unis craignent en effet que le nouveau système d’adressage IP ne complique sérieusement leur tâche lorsqu’il s’agira d’identifier des individus suspects d’actes criminels...

IPv6 : le FBI et la DEA sont inquiets
par Pierre Col

http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/ipv6-le-fbi-et-la-dea-sont-inquiets-39773183.htm

A l’heure où j’écris ce billet, l’adresse IPv4 qui m’a été attribuée par mon fournisseur d’accès Internet est 84.100.39.62. C’est cette adresse IP qui est enregistrée dans les fichiers de log de chacun des sites web ou services Internet que j’utilise.Une simple recherche sur la base Whois permet de trouver que cette adresse fait partie d’un bloc attribué par le RIPE, registre européen, au fournisseur d’accès SFR :

Lookup results for 84.100.39.62 from whois server :
inetnum : 84.97.0.0 - 84.103.231.255
netname : N9UF-DYN-DSL
descr : Dynamic pools
country : FR
admin-c : LD699-RIPE
tech-c : LDC76-RIPE
status : ASSIGNED PA
mnt-by : LDCOM-MNT
source : RIPE # Filtered
role : LDCOM
Legal Contact
address : SFR
address : Immeuble Quai Ouest
address : 40-42 Quai du point du jour
address : 92659 Boulogne Billancourt
address : France phone : +33 1 70 18 52 00

Si je commets une infraction, il suffira à la police d’aller avec une réquisition judiciaire demander à SFR à qui avait été attribué cette adresse IP au moment de l’infraction, et SFR sera en mesure de fournir très rapidement mes coordonnées.

Avec la déploiement d’IPv6, les forces de police nord-américaines expriment la crainte que leurs enquêtes ne deviennent bien plus difficiles. En effet, elles redoutent que la mise à disposition d’un nombre gigantesque de nouvelles adresses IP ne motive pas les FAI à tenir à jour les descriptions des blocs qui leur sont attribués dans les bases Whois. Le risque est alors que l’identification de l’utilisateur d’une adresse Ipv6 prenne beaucoup plus de temps que pour une adresse IPv4, et que ce temps ne permettent à des suspects de faire disparaître des preuves avant que la justice ne les saisisse, compromettant l’issue juridique des enquêtes pénales.

Un représentant du FBI a ainsi déclaré à CNET : « Un problème peut également survenir du fait de la quantité d’information sur les enregistrements d’adresses IP maintenue par les fournisseurs et le volume de l’historique existant en matière de fichiers de log. Aujourd’hui, il existe une traçabilité complète de quelles adresses IP sont utilisées par quel opérateur. Selon la façon dont le système IPv6 est déployé, cette traçabilité pourrait ne plus être suffisante pour les forces de police ayant besoin de savoir quel terminal est connecté à Internet. »

Cette diapositive, extraite d’une présentation du FBI, indique que le traçage des adresses IP via Whois a été utilisé notamment dans le cadre d’enquêtes sur les attaques terroristes du 11 septembre, sur des kidnappings, etc (source FBI)

« Nous sommes face à un problème qui est émergent. » indique John Curran, président de l’American Registry for Internet Numbers (ARIN), le registre nord-américain, qui a déclaré à CNET « Il se produit maintenant que les fournisseurs de services commencent à déployer IPv6 ». Pour les représentants du FBI, les choses pourraient aller plus loin et une loi spécifique pourrait s’avérer nécessaire, au cas où les FAI se montreraient négligents sur le sujet...@PierreCol 

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © freelayouts sous Licence Creative Commons Attribution 2.5 License
{id_article}